samedi 1 avril 2017

Les logiciels d'écriture, pour quoi faire ?

Il y a encore peu de temps, je ne savais même pas que ça existait. Les logiciels d'écriture, c'est quoi ? Pour écrire, il fallait jusqu'à présent un stylo et du papier, ou un ordinateur avec traitement de texte, et puis c'est tout ! Après, de l'inspiration, du travail, du temps, de l'énergie, des ingrédients flous et non mesurables, mais côté matériel, rien de bien sorcier.

Et puis je me suis inscrite au MOOC DraftQuest, intitulé Ecrire une oeuvre de fiction (saison 5). Sur un coup de tête. Pour voir. Voir d'abord les vidéos animées par Martin Winckler. Voir ce que pouvait apporter une communauté d'"écrivants" (c'est le terme ad hoc) du point de vue de la stimulation et de l'aide. Faire aussi les exercices proposés par David Meulemans, l'éditeur des Forges de Vulcain à l'origine de ce MOOC. Et vu qu'il a déjà refusé trois de mes textes, je me disais que j'avais beaucoup à apprendre de lui, sachant aussi qu'il a publié le très beau Une bouche sans personne, de Gilles Marchand. Bref, peu d'attentes et beaucoup de curiosité. Le défi : écrire un peu TOUS LES JOURS, ne serait-ce que 15 minutes.

Et c'est là que j'ai découvert les logiciels d'écriture, dans mes échanges avec les autres Mooceurs. D'abord Scribbook, élaboré par un des participants, qui m'a séduite, mais qui n'est pas encore assez facile d'utilisation pour moi. Et puis ensuite, après deux ou trois essais avec d'autres qui ne m'ont pas assez satisfaite pour que je les cite (je ne me souviens plus de leurs noms), j'ai trouvé Scrivener. Et en même temps, un début de formation gratuite qui lui est consacré, et que j'ai suivie, sérieusement, parce que je me suis vite rendu compte que sinon je serais vite larguée. Il faudrait que je fasse un jour la formation complète, mais je n'ai pas encore les moyens.



Alors, Scrivener, ça change quoi ? Et bien pas mal de choses : la première, c'est que ça permet de ne pas écrire de façon linéaire, et de s'y retrouver malgré tout. On peut commencer plusieurs chapitres en même temps, en laisser tomber un pour en continuer un autre, et les dossiers sont toujours parfaitement rangés et en plus visualisés en permanence. La deuxième : on peut élaborer des fiches personnages, avec toutes les caractéristiques dont on a besoin, genre date de naissance et couleur des yeux, lien de parenté avec les autres protagonistes, et autres détails que l'on peut oublier, et que l'on a à portée d'yeux dès qu'on en a besoin. La troisième, on a un endroit où noter en vrac les idées qui nous viennent, sans fermer ce qu'on est en train d'écrire... Bref, je ne peux pas tout vous énumérer, mais en gros c'est comme si on avait un grand cahier où on note tout dans le désordre et où ça se classerait presque tout seul. 

Bon, je ne dis pas que c'est indispensable, mais franchement, une fois qu'on a commencé à s'en servir, c'est une vraie aide, et ça peut se transformer à tous moments en un document Word présenté de façon classique pour envoyer à son éditeur. Je continue donc à l'utiliser, et je ne suis sans doute pas près d'arrêter. Quant au MOOC, je vous en reparlerai une prochaine fois, car ça aussi, c'est une très belle expérience !

vendredi 10 mars 2017

Poésie, poèmes, poète...

Parfois, de plus en plus souvent, la nuit, ou le soir tard, j'écris des poèmes. Ou de la poésie. Je ne sais pas comment appeler ces morceaux d'univers. Des colliers de mots qui naissent comme un ruisseau sous mes doigts. Quelquefois, je les publie sur Facebook, pour qu'ils ne soient pas perdus, qu'ils ne tombent pas dans l'oreille d'un sourd, et que l'habit puisse faire le moine s'il en a envie. Je ne sais pas si je suis poète. Quand est-on poète ? L'est-on ou le devient-on ?

Un jour, j'ai publié un poème qui avait été lauréat d'un concours sur un site de littérature courte, et un ami poète m'a demandé si j'en avais écrit d'autres, s'il pouvait les lire. J'ai été flattée : lui est un vrai poète, reconnu, et en plus, corse. La Corse, c'est ma patrie de coeur. Je lui ai envoyé quelques-uns de mes textes et il les a aimés, il en a choisi 3 ou 4 pour faire partie d'une anthologie bilingue français/corse qui paraitra en juin. J'ai été encore plus flattée, et fière.



Du coup, c'est avec un autre oeil que j'ai regardé ma poésie : peut-être que la publier serait une bonne idée ? Mais chez qui ? Faire éditer un roman est déjà difficile, alors des poèmes ! N'empêche que j'y pense de plus en plus, parce que ces textes représentent pour moi une autre voix, une autre voie. Une chair plus tendre et sans doute plus intime. Une lumière plus tamisée mais bien plus violente au fond. Les mots y volent comme des nuées de papillons, et leurs ailes effleurent les âmes plus justement. Ce n'est sans doute pas un hasard si ces fulgurances me saisissent quand la nuit a tout envahi, et que je les jette sur le papier en un seul geste ample, un mouvement de brasse coulée, un grand saut vers le ciel, ou parfois aussi un plongeon dans les ténèbres.

Alors, en-dessous, un de ces éclairs, pour vous montrer.

Les âmes perdues

Où vont les rêves
Quand le dormeur s’éveille
Où vont les âmes
Quand les corps disparaissent
Auprès de quelle étoile
Au fond de quel océan
Envolés
Oubliés
Perdus
Comme les mots qu’on efface
Ou bien demeurent-ils
Dans l’air
Impalpables
Invisibles
Poussières minuscules
Qu’éclaire parfois
Un rayon de lumière
Fugace.



mercredi 8 mars 2017

Un autre livre en cours : Cathy Borie auteure, le retour !

"Nos vies comme des brindilles"  est toujours en recherche d'éditeur, et me revoilà pourtant sur ce blog avec un nouveau livre en cours.

Alors non, je ne vais pas vous refaire le coup de la grossesse littéraire, mais j'ai quand même bien envie de continuer ma réflexion sur l'écriture, le comment, le pourquoi, etc.

Où trouver l'énergie, quand on a deux romans qui attendent qu'un éditeur les publie, pour en commencer un troisième ? Ecrire n'a donc finalement rien à voir avec l'objectif d'être lu ? Honnêtement, je ne sais pas quoi répondre à cette question, bien que ce soit moi qui l'ai posée. Oui, j'écris pour être lue, oui, je ne suis jamais autant satisfaite que quand un(e) de mes lecteurs/lectrices me dit que j'ai touché son coeur, son âme ou autre chose d'elle ou de lui, mais ça ne suffit pas pour me motiver à continuer d'écrire.



Les histoires sont dans ma tête et il faut qu'elles sortent. Elles sont brouillonnes, parfois floues, elles n'ont pas encore les mots qui les tiennent debout, elles vacillent et fluctuent, mais je sens impérativement leur présence me pousser dans le dos, et je n'ai pas vraiment le choix : je peux juste reculer un peu, attendre que ça mûrisse, ou pas. Parfois c'est vraiment un truc très peu structuré qui jaillit, une sorte d'ectoplasme, à moi de lui offrir un squelette, de la chair, des gestes, de la couleur.

Je n'abandonne pas pour autant mes autres romans, les deux déjà écrits et qui patientent sagement : je les envoie à droite à gauche, j'y crois à chaque fois et je me prends une claque à chaque refus. Mais l'autre gigote et il faut aussi que je m'en occupe : ça parle dans ma tête, je couche des mots, je tapote sur le clavier. Pour cette fois, j'ai trouvé une motivation qui m'aide bien à cadrer ce nouveau projet : je participe à un MOOC d'écriture de fiction, et je dois écrire tous les jours un morceau de mon texte. Du coup, j'ai découvert des logiciels d'écriture qui me permettent de gérer autrement l'avancée du récit, et de ne pas forcément écrire dans l'ordre (mais je en parlerai dans un autre billet, de ces logiciels !), ce qui offre une liberté qui facilite l'inspiration... même si le boulot de relecture risque d'être un gros gros morceau !

Donc voilà où j'en suis : j'ai en cours un roman dont j'ai déjà écrit plein de petits bouts, deux romans qui trépignent pour être édités, et aussi d'autres surprises... mais ce sera pour la prochaine fois ! 

jeudi 6 octobre 2016

"Nos vies comme des brindilles" sur Librinova : pourquoi ?

Bon, je m'étais dit, l'auto-publication, plus jamais. Je ne sais pas me vendre, et je n'aime pas ça : donc tous ces sites ne sont pas pour moi ! Et puis...et puis... Je suis tombée sur le site Librinova qui organise un concours de roman, le concours des Etoiles Librinova. Avec à la clé la possibilité d'être éditée chez un VRAI éditeur, avec une vraie promotion, etc... Tentant. Du coup, j'ai sauté le pas : en plus, techniquement, c'était simple : j'ai même réussi, avec l'aide de mon amie Fabienne, à mettre au point la couverture, à insérer du texte sur une photo d'une peinture que j'adore et qui est une oeuvre originale d'une autre amie, Julia.

Du coup, se lancer était facile. J'ai bossé dessus toute la journée d'hier, et aujourd'hui le livre est en ligne sous forme d'e-book : j'ai fixé le prix à 4,99 €. Pas cher, mais pas non plus bradé, parce que je crois en ce que je fais. Et j'ai même commandé des exemplaires papier pour les irréductibles (que je comprends tout à fait).



Donc voilà. Je ne sais pas si je serai retenue pour le concours, je ne suis pas sûre que mon histoire est très populaire, elle est un peu grave et triste, mais je crois que les gens sont plus ouverts qu'on ne le croit et qu'ils peuvent s'intéresser à des textes divers, un peu décalés, un peu hors cadre : j'espère que vous allez me le prouver !

Si vous l'achetez, merci de mettre vos commentaires, de le noter sur le site. Si vous le voulez en exemplaire papier, dites-le moi aussi. Je fais la fière, mais j'ai quand même le coeur qui bat fort ce soir : et si on ne l'aimait pas, mon nouveau bébé ? Vous en avez suivi ici la grossesse littéraire : aidez-moi à le faire grandir, évoluer, et devenir un vrai livre que les gens lisent et aiment...ou pas ! 

mardi 6 septembre 2016

Un extrait de "Nos vies comme des brindilles"

"Les naissances, comme les morts, ont ceci de spécial qu’elles nous mettent en face de notre finitude : remontent alors à la surface, comme de bulles qui crèvent aussitôt apparues, mais qu’on ne peut pourtant ignorer, des interrogations et des incertitudes, des grands pans de tissus noirs derrière lesquels sont cachés des mondes inconnus, des hypothèses et des points de suspension, des mystères originels et des gouffres infinis… Reviennent des lectures et des théories, des phrases et des assertions angoissantes (« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraient »), des frayeurs enfantines qui laissent désemparé et nu, une solitude puissante et tenace qui efface soudain tous les liens et nous jette dans les tourbillons extravagants d’un univers dévasté où ne brille aucune lumière, ne subsiste aucun amour et qui ne va dans aucune direction.


Et puis, sans crier gare, un élan emporte à nouveau l’individu que nous sommes, fleur de pissenlits soufflée aux quatre vents, par quel miracle ? Une hirondelle qui fend le ciel pur en un trait parfait de calligraphe. L’odeur d’un jasmin porté par la brise du soir. La tête touffue d’un chien fidèle qui se cale sous la main. Un reflet de soleil dans une flaque d’eau."

mercredi 13 juillet 2016

Baby blues post-partum : en littérature aussi ?

Voici le moment où l'on se retrouve vide. Le mot FIN est écrit, les corrections sont faites, les manuscrits se sont envolés dans deux ou trois directions et l'attente commence.
De l'attente j'ai déjà parlé, elle est pesante et inconfortable, mais il s'y ajoute le sentiment éprouvant du vide abyssal après la pléthore de mots et de phrases, après le ballet des personnages, après les enfilades de dialogues, après cette construction pierre à pierre d'un édifice fragile et pourtant si précieux.

Une sorte de baby blues : du désarroi, de l'impuissance, chute d'hormones après l'excitation, dégringolade. On ne sait plus quoi faire de soi. On pense qu'on ne pourra plus jamais écrire. Plus de sujet. Plus d'envie. Et puis c'est tellement vain. Tellement difficile pour un résultat si incertain. Autant s'occuper d'élever, non, de promouvoir ce livre-là. Mais il n'est pas encore temps : il n'est même pas encore publié ! Il ne le sera peut-être jamais...



Donc du vide. Et le cerveau au ralenti. Le monde de l'écriture pour un temps (du moins on l'espère !) ne nous est plus accessible. Comment a-t-on fait pour aligner ces milliers de mots ? Où vont ces mondes inventés lorsque leur créateur les quitte ? Est-ce que les personnages survivent dans des limbes éloignées ? Par quel moyen retrouver les galaxies où je marchais encore il y a quelques semaines comme dans un endroit familier ? J'ai perdu tous mes pouvoirs.

Je sais que le mieux est de m'abandonner à cet état étrange, qui consiste à rester dans le réel 24 h sur 24... Bien que, sans le savoir, je suis sans doute en train d'emmagasiner des détails pour un prochain roman... Mais il me faut laisser aller, ne pas y penser, goûter le vide en tant que tel, comme une sorte de coma obligé, une mise au repos forcée, une plongée entre deux eaux bien profondes. Laisser de côté ma baguette magique.

Pour un temps stérile. Endormie. Silencieuse. Jusqu'à quand ???



samedi 18 juin 2016

Journal d'une grossesse littéraire, chapitre 20 : l'expulsion !

Lu, relu, re-relu. Corrigé. Passages ajoutés. Un chapitre en plus. Des modifications apportées ça et là. Une impression désagréable, un manque de confiance, des doutes. Des passages dont je suis très satisfaite. D'autres qui m'emballent moins. Mais la certitude que c'est fini, il n'y a rien à ajouter, l'imperfection est évidente mais j'ai écrit ce que je devais, ce que je sentais, ce qui était en moi. Y aura-t-il une résonance chez d'autres ? C'est la grande question, celle qui fait peur, celle qui bloque et qui emporte en même temps...

Et du coup, que faire ? Laisser reposer encore, y revenir, corriger à nouveau, plus tard, quand tout sera calmé ? Au risque de perdre de plus en plus confiance... Je sais que certains auteurs fonctionnent de cette façon, qu'ils y reviennent plusieurs fois, longtemps après, qu'ils remanient leur texte et le peaufinent et le cisèlent des dizaines de fois. J'en suis incapable. Ou plutôt, si, mais je sais qu'à l'infini alors je changerai des choses, et que jamais de toute façon je ne serai satisfaite. Comme si à chaque moment correspondait une vérité, et que même dix ans après le mot juste ne sera jamais juste pour toujours.


Alors je décide que c'est fini. Je me dis que, si jamais un éditeur accepte ce roman, je serai de toute façon amenée à le travailler, à tenir compte de son regard, de ses conseils, et que d'autres modifications viendront : je garde mon énergie pour ça, pour écouter les guides qui m'y encourageront, qui m'y obligeront.

Pour l'instant, le roman est fini. Il me reste 4 titres en tête, dont aucun ne s'impose encore. J'en choisis un au hasard, je fais un enregistrement PDF.

Et puis, prise d'un coup de tête, un coup de folie, pour bien marquer le début d'un nouveau processus, pour lancer le roman dans sa vie de roman, je l'envoie à une maison d'édition qui accepte les manuscrits numériques, là, tout de suite, maintenant : le voilà dans l'espace des manuscrits, mis sur orbite, expulsé de son cocon douillet pour se frotter à la dure réalité des textes en attente d'édition !

Mon coeur bat très fort, et une autre aventure commence....