jeudi 17 décembre 2015

Journal d'une grossesse littéraire, chapitre 9 : un plan se dessine...

Et oui, finalement, un plan se dessine. A force de marcher au hasard, le chemin se crée de lui-même, et j'aperçois au loin les prochaines étapes : elles sont un peu floues, mais leurs silhouettes sont bien visibles, et elles balisent plus ou moins l'itinéraire à venir. En fait, une certaine logique s'est dégagée des deux premiers chapitres, et comme, pour une fois, le récit se fait de façon chronologique, sans sauts dans le temps ni flash-back, les moments forts ressortent tout seuls.

J'ai donc noté ces pistes de travail. Ce qui ne veut pas dire que le roman se déroulera selon ce schéma prévu : en fait, je sais que ces points vont juste me servir à ne pas me perdre...ou, mieux encore, à m'aider à me perdre sans peur. Ils seront mes phares : même si je m'éloigne, même si je pars vers d'autres rivages impossibles à imaginer pour le moment, ces petits points lumineux me guideront et me ramèneront (ou pas, si je n'en ai pas envie) vers la terre ferme, le projet initial.



En fait, le plan peut avoir un aspect très rassurant si on le considère avec assez de souplesse, s'il n'est qu'un filet à utiliser en cas de chute. Mais si j'oublie trop vite que ce n'est que ça, juste un garde-fou, un parachute, il me contraint, il me fait peur : je relis mes notes et je me dis "oh mais non, je n'y arriverai jamais, c'est énorme tout ce qu'il me reste à écrire !". Je vais donc le laisser là, en bas de page, écrit en tout petit, et surtout ne pas me l'imposer comme une marche à suivre.

Le roman finalement ne ressemblera peut-être jamais à ce squelette bien charpenté, que je suis censée remplir avec de la chair et du sang, des viscères et des liquides. Il sera peut-être juste un fantôme, une idée, une ombre magique, un pur esprit. Une enfilade de mots qui palpitent et s'envolent. Une simple histoire. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire